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DEBAT SANTE-SECU A VESOUL
Les Verts de Vesoul ont été invités le 4 juin à un débat organisé par la CGT et la FSU, à cette occasion Philippe Chatelain s'est fendu d'un petit laïus dont voici le compte rendu.
Afin d'illustrer la manière dont les Verts abordent les problèmes de santé et les questions de solidarité je souhaiterais donner un exemple d'actualité qui à priori, vous semblera peut être éloigné de notre propos de ce soir, je veux parler de la fermeture programmée de l'Union Beurrière à Vesoul.
Les actionnaires de cette entreprise SODIAAL et Entremont ont décidé de concentrer leur activité de production de beurre sur deux sites, Clermont-Ferrand et Quimper.
Concrètement, la crème produite en Haute-Saône sera transportée à Clermont-Ferrand pour être transformée en beurre, beurre qui sera pour partie revendu en haute Saône. Nous avons la un exemple type de mal-développement, le contraire du développement durable.
Dans cette affaire les premiers perdants sont les salariés puisque ce type d'opération de concentration détruit toujours plus d'emploi qu'elle n'en crée.
Les producteurs qui devront assumer des coûts de transport plus importants sont également perdants.
Les consommateurs n'y gagne rien puisque la qualité du produit reste identique et que les gains en productivité ne se répercutent pas sur le prix de vente
Les citoyens devront contribuer encore plus à l'entretien du réseau routier et subir encore plus de pollution atmosphérique et d'effet de serre.
Les seuls gagnants seront donc, au bout du compte les actionnaires…
Les propositions pour enrayer voire empêcher ce type d'opération sont de deux ordres :
Globales, par la création d'outils réglementaires et fiscaux permettant d'une part d'obliger les promoteurs de ce type de projet à assumer les coûts réels du transport, incluant l'entretien des infrastructures routières, d'autre part en appliquant le principe pollueur-payeur par une taxe sur les activités nuisibles à la santé.
Pour faire aboutir ces propositions nous avons besoin de plus d'Europe, d'une Europe qui relève, notamment par une reforme de la PAC les défis du développement durable.
La deuxième série de proposition se décline localement, il s'agit de miser sur la qualité, le terroir, la production de lait labellisé, le bio pour développer des productions locales de beurre qui apportent un réel plus sur les plans gustatifs et nutritionnels par rapport à la production industrielle de masse.
Et la santé dans tout cela me direz vous, j'y viens :
Une telle opération de concentration provoque une fragilisation des salariés précarisés qui se traduit par des accidents de santé physique et psychique, de plus, la pollution atmosphérique est responsable de plusieurs milliers de morts par an, la mauvaise qualité nutritionnelle de nos aliments joue un rôle dans l'augmentation des cancers (63% en 20 ans).
La première piste importante pour diminuer le coût de la santé est de faire en sorte que nous soyons moins malades par la promotion d'une industrie et d'une agriculture plus respectueuse de l'environnement, de la santé des salariés (l'amiante aura coûté la vie à 100 000 personnes), des consommateurs et des riverains.
La deuxième piste esquissé dans mon exemple est de taxer les produits et activités polluantes et nuisibles pour la santé, pas seulement le tabac et l'alcool mais aussi les pesticides et diverses substances chimiques.
J'espère vous avoir fait toucher du doigt le type de réflexion menée dans le cadre de l'écologie politique, réflexion transversale focalisée sur la relation des êtres humains entre eux, à leur environnement et aux systèmes de production et de distribution qu'ils ont créés.
Les reformes proposés par les Verts sont aux antipodes de la volonté de l'actuel gouvernement de diminuer la solidarité, de privatiser, de marchandiser la santé, d'accroître les inégalités sans répondre aux problèmes de fond.
Ces reformes visent à remettre en cause une vision hyper-techniciste du soin pour faire place à tous les acteurs de la santé et en premier lieu au patient lui-même en proposant notamment le libre choix de recours aux médecines conventionnelles ou non ; a promouvoir des structures de proximité type maison de santé pour permettre à l'hôpital de se recentrer sur les pathologies lourdes et les gestes techniques complexes.
Ces reformes visent à un financement plus juste à une adaptation de l'offre de soins en soutenant et valorisant le soin de proximité en démocratisant et en ouvrant le système paritaire aux associations de malade, de victimes, aux associations de consommateurs et de protection de l'environnement, aux professionnels de santé….
Voici en quelques mots esquissés le mode de réflexion et les propositions des Verts que je soumets au débat.
Philippe Chatelain.
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