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Sacré Week-End
CONGRÉS DE REIMS DES VERTS

SACRE WEEK END

REIMS 4 et 5 décembre 2004

Rappel des épisodes précédents :

Suite au vote des adhérents lors des assemblées générales décentralisées du 21 novembre quatre courants principaux émergent :

-  Rassembler (35,82%), courant modéré dont l'objectif est de faire des Verts un parti de gouvernement, animé, entre autres, par Noël Mamère et Dominique Voynet.

-  Regain Décidément Verts ou RDV (25,42%) plus proche de l'extrême gauche et défendant une stratégie plus mouvementiste, soutenu par Gilles Lemaire et Alain Lipietz.

-  Pôle Ecolo ou PE(19,79%), courant environnementaliste dont la figure principale est Guy Hascoët.

-  Autonomie, Ouverture, Convergence (17,4%) tendance charnière dont il est difficile de déterminer la ligne politique emmené par Sergio Coronado et Françoise Duthu (si si ! !) .

Les représentants de ces différentes tendances se sont rencontrés à plusieurs reprises entre le 21 novembre et le 5 décembre. Pour les signataires de la motion Rassembler très largement majoritaire en Franche-Comté l'objectif était de dégager les bases d'une synthèse politique regroupant les quatre courants.

Assemblée Générale :

Une réunion vendredi 3 décembre au soir à Reims a permis aux délégués de la motion rassembler présents de préparerle travail du lendemain.

Samedi matin les négociations entre courant ont permis, chacun acceptant d'avaler des couleuvres (la plus grosse pour rassembler fut sans doute le bilan dit positif de l'équipe sortante !) d'aboutir à un texte commun, qualifié de très médiocre par la députée européenne Marie Hélène Aubert qui refusera de le voter.

Le point d'achoppement le plus dur est resté jusqu'au dernier moment la position de RDV voulant faire du passage à la proportionnelle pour les législatives une condition incontournable du désistement du candidat Verts au 2ème tour de la présidentielle au profit du candidat de Gauche.

Pourquoi cette condition unique ?

Pourquoi prendre position si tôt ?

Au bout du compte une formulation plus souple laissant chacun libre de son interprétation, a été entérinée d'autant plus aisément qu'un nouveau congrès aura lieu en 2006 ou il sera encore temps de revoir notre stratégie.

Le texte de synthèse quoique perfectible a été adopté par un vote quasi unanime de 91,76 % des délégués. La suite de la journée de samedi fut donc placée sous le signe de l'harmonie retrouvée avec applaudissement, standing ovation, chants (ohé, ohé, vive la synthèse, ohé, ohé, vive l'unité ! !)…

Une fois le vote acquis, les ténors du mouvement, A Lipietz, G Hascoët, N Mamère, D Voynet jusque la très discrets sont samedi après midi montés à la tribune chacun bien entendu s'attribuant le mérite de l'unité affichée, seul Noël Mamère d'un coup de griffe mal venu faillit rompre le consensus fragile élaboré autour de la question de l'exigence proportionnelle.

Néanmoins les élections au conseil statutaire, au commissariat financier et au quart national du CNIR se déroulèrent dans un climat plutôt détendu voir franchement hilare lors des interventions de l'ineffable Pascale Girard (Motion Verts Utiles : 1,35%) qui il est vrais auraient pu, vu de l'extérieur, passer pour des sketches caricaturant le discours fumeux de certain(e)s Verts.

Au milieu de cette euphorie les CNIRIENS expérimentés savaient que le plus difficile restait à venir et que l'essentiel allait se jouer durant la nuit ou le lendemain matin…

En effet, les statuts des Verts prévoient que 21 personnes issues du CNIR (le comité des 21) élaborent les propositions de répartition des postes au sein de notre instance dirigeante (collège exécutif).

-  4 courants divisés eux-mêmes en 2 ou 3 sous-courants
-  13 postes
-  plus de 40 candidats.

Imaginez le casse-tête ! !

CNIR

Après une nuit et une matinée de discussions le CNIR initialement prévu le dimanche à 10h30 peut enfin se réunir vers 13h et encore grâce à Gilles Lemaire qui refuse une nouvelle demande de suspension de séance formulée par son camarade de tendance Y Contassot. !

Trois scénarios (scénarii ?) sont proposés au vote des CNIRiens :

A : Pôle Ecolo, Guy Hascoêt secrétaire national. B :RDV+AOC, Sergio Coronado secrétaire national. C :Rassembler, Mireille Ferri secrétaire nationale.

Pour être retenu un scénario doit rassembler 50% des votants et 60% des suffrages exprimés.

Au premier tour de scrutin, la liste Hascoët arrivée dernière est éliminée, puis au deuxième tour exit la liste Ferri.

Au 3ème tour, la liste Coronado restée seule en lice obtient 53 voix sur 116 (57 contre).

Yves Cochet analyse la situation ainsi : « En s'appuyant sur la démocratie on ne perd jamais, en faisant des histoires d'appareil ou d"apparatchiks on perd presque toujours, la preuve aujourd'hui ». C'est donc comme il y a deux ans au prochain CNIR des 15 et 16 janvier que seront renouvelées nos instances dirigeantes. Ce report n'est pas en soi une catastrophe, les esprits vont s'apaiser, les négociateurs négocier et les rassembleurs rassembler…

Il faut retenir de ce congrès une capacité réelle des délégués à s'affronter sur des clivages politiques qui n'ont rien d'artificiels sans que trop de phrases assassines ne soient prononcées mais aussi une sérieuse difficulté inhérente à nos statuts à élire les hommes et les femmes qui mettront en œuvre notre programme.

Ne nous laissons pas taxer sans réagir d'infantilisme, nous faisons depuis 20 ans vivre un parti politique sur les bases de la proportionnelle intégrale et de la nécessité d'un consensus d'au moins 60% des adhérents qui peut en dire autant ?

Peut être faut-il remettre en cause notre fonctionnement interne mais pour l'instant notre exigence démocratique vaut bien une messe et à Reims la cathédrale était toute trouvée, à défaut de sacre nous avons passé un sacré week-end !

Philippe Chatelain délégué au Conseil National Inter-Régional (CNIR)